
#30. Un nouveau jour
Un temps de contemplation
Voilà quelques mois que la routine s'est installée. Le temps semble suspendu, chaque jour ressemble au précédent, et pourtant, il se passe tant de choses. Tant de souvenirs que je voudrais garder précieusement. Je voudrais retenir l'instant présent, mais le temps ne s'écoule pas ainsi ; il me file entre les doigts, sous mes yeux.

Un nouveau jour s'ouvre. C'est la seule toile que j'ai réussi à peindre jusqu'à présent en 2026, lentement, sur plusieurs jours, par petites touches. Pas bâclée, pas parfaite, mais terminée. Et ça, ça mérite d'être fêté.
Je tiens la vie dans mes bras. Je la nourris, je la regarde s'épanouir, évoluer et devenir quelque chose de nouveau et d'extraordinaire. J'écoute ses rires, ses murmures, ses éclats de rire et parfois ses pleurs.
Cela remet les choses en perspective : mes listes de choses à faire interminables (et généralement inachevées), mes projets démesurés… tout. Cela me rappelle quelque chose que je sais depuis longtemps : la vie suit son cours. Que je reste immobile ou que je m’active comme une abeille, elle continue d’avancer. Toujours.
Cette fois-ci, pourtant, l'atmosphère est différente. On se sent comme un agriculteur qui prend soin de ses récoltes les plus précieuses, se levant chaque jour pour s'assurer que les conditions sont optimales. La terre est préparée, les graines soigneusement semées, l'eau prête à être versée, et l'espoir discret que tout se passera bien. Tout en sachant que les récoltes restent vulnérables à des forces qui dépassent largement le contrôle de l'agriculteur.
La vie me regarde droit dans les yeux. Les mots me semblent superflus. D'un simple échange de regards, nous partageons des pensées et des émotions trop vastes pour être nommées.
Il se passe tellement de choses dans ma vie que je trouve à peine le temps pour moi et mes innombrables questions existentielles. Ces derniers mois, j'ai à peine écrit, peint ou joué de la musique. Répondre aux messages me prend un temps fou. Parfois, j'arrive à grappiller quelques minutes, parfois non. Tout me paraît chaotique, et pourtant je souris, car je suis témoin de ce magnifique chaos que la vie nous offre.
La vie observe le monde avec cette curiosité dont on parle souvent dans mes méditations, cet esprit du débutant. Une façon de voir les choses comme si c'était la première fois. Profonde en théorie, mais si difficile à mettre en pratique quand on tient si facilement les choses pour acquises. Et pourtant, la vie me montre combien d'efforts il faut pour grandir, pour coordonner ses mouvements, pour simplement exister. J'en suis reconnaissant.
La vie semble paisible.
Patient.
Doux.
Je m'assieds à nouveau près de la fenêtre, au même endroit, et je fais les mêmes choses. Mais le ciel est différent, de nouvelles teintes, une nouvelle lumière. Je ne veux rien manquer. Je prends d'innombrables photos, espérant qu'elles s'imprimeront d'une manière ou d'une autre dans ma mémoire.
Je ne me souviens plus qui m'a expliqué une chose que j'ai lue un jour, une chose que j'ai trouvée terriblement triste, et pourtant indéniablement vraie. Il était dit qu'aimer la vie, c'est accepter que tout ce que nous avons été, sommes et serons, tout ce que nous possédons, aimons et admirons, nous-mêmes compris, est voué à disparaître un jour. J'y pense encore. Cela m'emplit à la fois de tristesse et d'une profonde gratitude.
Je ne peux rien y faire, si ce n'est créer un instant ici, un instant là. Toute une vie.
Comme disait Voltaire : il faut cultiver notre jardin.

La vie…❤️

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